Rencontre avec Vanessa Chicout, attachée de presse

Aujourd’hui, j’ai décidé de donner la parole à quelqu’un que je connais bien pour avoir partagé son quotidien professionnel pendant 5 ans : Vanessa Chicout. J’ai travaillé avec Vanessa au sein de l’agence C-Comme Vous. A l’occasion d’un tournant dans sa vie pro, elle nous parle des relations presse, son métier.

Vanessa– Bonjour Vanessa, peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ?

J’ai commencé par suivre mes premières amours et obtenu une licence de Lettres Modernes à l’Université Paris X-Nanterre. Un cursus très passionnant, avec des modules variés et enrichissants : Littérature pour la jeunesse, Littérature francophone, Poésie du XXème etc.

Après cette licence, je suis arrivée à un carrefour : continuer dans cette voie, et obtenir un Master en littérature ? M’orienter vers le professorat, qui est pour moi un métier de vocation ? Changer de voie? Oui, mais sans perdre mes acquis.

J’ai fini par m’orienter vers des études en communication et j’ai intégré le CESACOM en 2008 (une toute nouvelle école à l’époque). J’y ai découvert les joies de la communication et de l’alternance !

J’ai fait mes premiers pas dans une agence de Relations Presse, spécialisée dans le bricolage, la décoration, le jardin et la construction : l’agence C-Comme Vous. Au départ en alternance, ensuite en tant que salariée. Une expérience de plusieurs années !

– Cela fait 7 ans, si je ne me trompe pas, que tu travailles en temps qu’attachée de presse, quels sont les changements que tu as pu observer dans les méthodes de travail ?

Oui exactement, depuis décembre 2015, cela fait 7 ans que j’évolue dans le milieu des RP. De véritables mutations ont bouleversé notre métier. Principalement avec le web qui a déployé les canaux d’information. L’information est disponible partout, tout le temps et par tous. Les blogueurs et influenceurs prennent une place considérable et la manière de communiquer auprès des médias a radicalement changée. Il ne s’agit plus uniquement de s’adresser aux journalistes.

Vers qui doit-on communiquer, est une partie du changement mais où communiquer et comment aussi !

Les RP ne se cantonnent plus à la presse papier et web, elles englobent les réseaux sociaux et les médias alternatifs. C’est là qu’est apparu le terme  RP « 2.0 », voire « 3.0 » avec les communautés. Si l’on réfléchit, on se rend compte que la réputation et l’e-réputation ne font qu’un. L’image d’une marque se mesure en off ET online, de manière simultanée.

La digitalisation du métier a transformé nos méthodes de travail : on ne passe plus uniquement par le téléphone, le mail et le courrier papier pour toucher nos cibles. Les réseaux sociaux font partie intégrante de nos canaux de communication. Sans parler de l’utilisation des réseaux et médias sociaux indispensables pour les marques, mais aussi les communicants.

Le temps passé sur internet a profondément modifié nos méthodes de travail. Et cela est valable pour la presse submergée par des centaines de mails et de mentions par jour !

– Pourquoi as-tu ouvert un blog sur les RP : P.R.I.S.M. ?

prism-logo-newC’est une bonne question ! J’ai toujours aimé écrire. Il m’arrive encore d’écrire quand je trouve le temps, l’occasion. Parallèlement à ça, j’ai eu plusieurs blogs dans des domaines très différents. A un certain moment je me suis dit que je voulais partager mon point de vue sur mon métier et sur la communication en général. L’idée a mis du temps à prendre forme, car j’avais peur de ne pas avoir assez d’expérience. Avant de me lancer, je me suis souvent dit qu’il existait déjà beaucoup de très bons blogs sur le sujet et je me suis questionnée sur ma légitimité. J’ai finalement pris mon courage à deux mains et j’ai fini par ouvrir P.R.I.S.M (pour Public/Press Relations, Internet and Social Media) ou je parle des RP, de com et de social media. Des sujets qui me passionnent !

Les échos sont positifs et me confortent dans l’idée que j’ai pris la bonne décision.

– As-tu un conseil à donner à des étudiants qui voudraient se lancer dans le métier ?

De foncer ! Les RP sont sous-estimées et très souvent à peine évoquées dans les cursus de communication générale. Il y a beaucoup de choses à y faire et toutes les mutations ont un impact très positif sur notre métier. On redéfinit sans cesse les lignes, les codes changent et bougent. 

Et puis il y a une certaine fierté de se savoir hommes et femmes de l’ombre. Nous propulsons nos marques sur le devant de la scène via les médias, et c’est gratifiant. 

Et puis c’est toujours drôle d’essayer d’expliquer notre métier !

– Des projets, des envies pour l’avenir ?

Je démarre une toute nouvelle aventure RP dans une nouvelle agence ! Je suis très enthousiaste et j’ai hâte d’évoluer au sein de cette nouvelle équipe. C’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à moi.

J’aimerais également continuer et faire progresser mon blog, ainsi que du bénévolat. 

Merci Vanessa, d’avoir répondu à mes questions ! N’hésitez pas à la suivre sur twitter et pinterest.

Rencontre avec Laurence Despins, consultante en communication éditoriale

Aujourd’hui, j’ai posé mes questions à Laurence Despins. Nous avons travaillé ensemble pendant de nombreuses années, lorsque je travaillais comme attachée de presse en agence et elle, comme journaliste dans la presse décoration. Aujourd’hui à la tête d’une société de conseil en communication éditoriale, elle met ses compétences de rédaction aux services des entreprises.

Laurence Despins– Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

Après des études de journalisme (IPJ Paris), j’ai commencé à travailler en presse quotidienne régionale (Ouest France), puis je me suis tournée vers le magazine pour me spécialiser en presse déco. J’ai été journaliste free lance pendant 5 ans, puis rédactrice en chef adjointe de Maison Créative, rédactrice en chef de Votre Maison Votre Jardin, et ensuite chef de rubrique à Maison & Travaux. En 2014, lors de la vente de ce titre par le groupe Lagardère Active, j’ai décidé de me lancer dans la création d’entreprise et de mettre mes compétences éditoriales au service des entreprises.

– Ecrire pour un magazine et écrire pour une entreprise, est-ce la même chose ?

L’éthique professionnelle impose au journaliste de donner les informations les plus objectives possibles, tandis que les informations données par une entreprise vont forcément orienter le lecteur vers le choix de ses produits ou services. Car le but final n’est pas le même : le magazine vend son information, tandis que l’entreprise la diffuse dans le but de s’attirer des clients. Mais dans les deux cas, il y a à mettre en place et à respecter une ligne éditoriale, c’est-à-dire à définir et à délimiter le champ des sujets que l’on va traiter et aborder. La question n’est pas seulement « qui parle », elle est aussi et surtout « à qui on parle ». Pour le magazine, c’est à une communauté de lecteurs. Pour une entreprise, c’est à une communauté de clients. Et les informations données doivent évidemment satisfaire ceux à qui elles s’adressent.

– Pourquoi faut-il communiquer quand on est une entreprise ?

D’abord, pour se faire connaître et accroître sa notoriété. Et aussi se poser comme un expert dans son domaine, pour s’attirer des nouveaux clients tout en confortant voire fidélisant les clients déjà acquis. Enfin, pour montrer un certain nombre de valeurs que l’on souhaite véhiculer, en plus de tous les bénéfices que l’on apporte à ses clients. Bref, pour se doter de l’image la plus positive possible.

logo

– En quoi votre expérience de journaliste vous aide-t-elle pour écrire un dossier de presse ?

En tant qu’ancienne journaliste, je sais d’abord écrire, mais surtout je comprends vite quelles informations vont être intéressantes pour un(e) journaliste. Le dossier de presse est utile pour mettre en avant de manière positive et structurée l’ensemble des informations qu’une entreprise souhaite diffuser. Mais je mets aussi à profit mes compétences rédactionnelles pour bâtir les lignes éditoriales de blogs d’entreprise et écrire régulièrement des articles pour eux, ce qui permet de diffuser directement les informations à leurs clients via les réseaux sociaux, et augmenter ainsi le trafic des sites web de mes clients.

Merci Laurence d’avoir répondu à mes questions !

Rencontre avec Nadia Barbé, directrice de publication chez Patrimoinedefrance.fr

Aujourd’hui, nous avons posé nos questions à Nadia Barbé, fondatrice du magazine en ligne Patrimoindefrance.fr. Avec elle nous allons parler de presse en ligne, de patrimoine bien sûr, mais aussi des rapports entre les journalistes et les attachés de presse. Son magazine en ligne a été reconnu « magazine de presse » par le Ministère de la Culture. Un vrai gage de qualité ! Je vous recommande de suivre PatrimoinedeFrance.fr sur ses réseaux sociaux : twitter, Facebook, youtube.

logo PatrimoindeFrance.Fr

– Bonjour Nadia, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

J’ai œuvré principalement dans le domaine radiophonique, pour Radio France, en y exerçant différents métiers : de l’animation, de la production, de la réalisation… A l’occasion des sujets proposés, j’ai pu participer à la demande de publications écrites, à la rédaction d’articles.

– Quels étaient vos objectifs en ouvrant le site patrimoinedefrance.fr ? Avez-vous rencontrer des obstacles ?

Mon dernier reportage pour France Culture date d’août 1989, alors que la piscine Molitor allait fermer. Mon engagement dans la sauvegarde de ce lieu historique m’a tout naturellement orientée vers une nouvelle voie professionnelle.

Le projet initial était de « sauver la Piscine Molitor » même si ensuite, à la demande de lecteurs, j’ai élargi les sujets traités sur le site au patrimoine culturel. Et elle est aujourd’hui ré-ouverte malheureusement pour nous son accès est privatisé et devenu hors de portée !

J’ai crée mon site, épaulée par des collègues spécialisés en informatique, je n’ai pas eu de difficultés majeures grâce à leur aide précieuse.

– Quel est votre plus beau souvenir de reportage dans un lieu patrimonial ?

Question difficile que de répondre à un beau souvenir de reportage ; la découverte d’églises romanes en Auvergne, des jardins dans le Périgord, une grotte mystérieuse à Paris… Tous les jours, je vais de surprise en surprise. La France possède un Patrimoine exceptionnel.

– Quels sont vos rapports avec les attachés de presse ? Avez-vous des conseils à leur donner pour améliorer la collaboration entre journalistes et attachés de presse ?

J’ai la chance d’avoir de bons contacts avec les attachées de presse en général, ce qui n’était pas évident au départ car on ne se connaissait pas mais au fil du temps (et le développement dans le temps du site) et dans un respect professionnel mutuel, les relations sont agréables. Je suis cependant toujours étonnée car les attachées de presse ne vont pas toujours voir le site avant les voyages de presse. C’est quand même important de savoir qui vient ?

J’aurai, juste une remarque, celle de mettre sur le même plan les sites sérieux et d’autres dans « l’air du temps », surtout pour les voyages de presse ; il est difficile et parfois « pénible » d’être considéré à égalité alors que le rendu n’est absolument pas le même. On ne peut pas comparer les gros titres de presse, les sites Internet et les blogs, ce n’est pas le même travail. De plus j’ai été très fière d’être reconnue magazine de presse mais cela ne fait pas toujours la différence dans le traitement avec les agences, c’est fort dommage !

Mon souhait serait aussi que les attachées de presse puissent faire une « revue de presse » suite aux différents communiqués, manifestations que les supports relayent. Ce serait parfait ! A la suite d’un voyage de presse, par exemple, j’aimerai savoir quels sont les articles qui sortent sur le sujet. Cela me permettrait d’avoir une visibilité sur ce que font les collègues. C’est important pour moi car cela me permet d’avoir une bonne visibilité pour le site et également de reconnaître les « faux » journalistes.

Merci Nadia d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Pour être efficace en communication, il faut… réfléchir !

Laurence Perchet - Communicante, rédactrice et formatrice

Le Penseur de Rodin (Laeken - Belgique) A l’image de la posture du « Penseur » de Rodin, une communication réussie est d’abord une communication bien pensée.

On ne le répétera jamais assez, les communicants le savent bien (à moins que vous ne le sachiez vous-même 😉 ) une communication efficace est un ensemble d’actions menées de manière régulière, pérenne et réfléchie, dans le temps… Eviter de se jeter tête baissée dans un catalogue de supports à la mode, parfois inutiles pour l’entreprise, et donc au final coûteux.  On pourra se dire à la lecture de ce papier, « Mon Dieu, mais elle radote là Laurence »… Et bien, pas vraiment. Je suis sûre que mes amis freelance et communicants seront d’accord pour constater qu’il faut sans cesse répéter des raisonnements de… bon sens ! Voici un florilège des actions qui, à mon sens, méritent réflexion avant de se jeter tête baissée dans la bataille…

1er écueil : créer un site…

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Rencontre avec Amélie, rédactrice web, community manager et responsable RP

Aujourd’hui, j’ai rencontré Amélie Michel qui a créé l’agence La Plume du Web.

Amélie1 – Bonjour Amélie, pouvez-vous présenter votre parcours ?
Je m’appelle Amélie, j’ai 32 ans. J’ai fait un bac littéraire, puis hypokhâgne, puis IEP, puis un master en communication. De 2006 à 2012, j’ai été attachée parlementaire à l’Assemblée nationale. Pendant ces années, je n’ai jamais arrêté d’écrire en temps que pigiste pour des sites Internet, des journaux, des magazines.
En 2012, suite aux élections, j’ai quitté Paris pour m’installer avec mon mari et mes enfants près de Montpellier. Depuis, je développe mon activité de Rédaction Web, Community Management et Relations Presse. J’écris pour différentes entreprises, et j’ai lancé mon auto-entreprise : La Plume du Web.

2 – Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à monter votre entreprise ? Avez-vous été aidée par un organisme ? Avez-vous rencontrer des obstacles ?
J’avais envie de liberté et d’indépendance. Maman de deux enfants en bas âge, pouvoir gérer mon emploi du temps comme je le souhaite est un réel avantage. Je suis vraiment très heureuse de m’être lancée dans cette aventure ! J’ai ainsi lancé mon site Internet www.laplumeduweb.fr afin d’offrir à mes clients et futurs clients une visibilité plus importante.
J’ai pu bénéficier de l’Acre, c’est à dire d’une exonération partielle des charges durant deux ans. A part cette aide, je me suis débrouillée seule ! Je n’ai pas rencontré d’obstacle particulier.
Plume

3 – Quelles sont les bases d’une bonne stratégie de Relations Presse ?
Pour envisager de bonnes relations presse, il faut commencer par créer un joli communiqué de presse. Contrairement à ce qu’on a tendance à croire, il est important de créer un dossier de fond. Non un communiqué de presse ne doit pas se réduire à une seule page ! Il faut donner de la matière aux journalistes, et c’est sur ce point là que je travaille en priorité. En accord avec le client bien sûr qui donne son accord avant la diffusion !
Le second point est la relation privilégiée entretenue avec les journalistes. J’ai beaucoup travaillé en ce sens ces dernières années, et je bénéficie de bonnes retombées. Mes clients sont satisfaits de mes prestations, et je continue à me former car c’est selon moi la clé de la réussite professionnelle.

 4 – En quoi votre double casquette pigiste/attachée de presse est-elle un atout ?
C’est un véritable atout car je sais écrire ! Et qui dit savoir écrire, dit savoir faire un bon communiqué de presse. Cette double casquette me permet d’être à l’aise dans la rédaction, quel que soit le domaine d’activité de mon client.

 5 – Le développement du community management a-t-il changé votre travail de RP ?
J’ai constaté que les réseaux sociaux devenaient une véritable force pour le rayonnement des entreprises. Un réseau social dynamique et réactif permet aux journalistes de comprendre l’importance de l’entreprise ou de la marque, et notamment son rayonnement. Il est maintenant essentiel de posséder des réseaux sociaux et surtout de les gérer intelligemment. C’est pour cette raison que j’ai suivi une formation  me permettant d’aider les entreprises dans la gestion des réseaux sociaux au quotidien.

 6 – Avez-vous un projet pour l’avenir ?
J’ai toujours envie de plus ! Envie de me former , envie de découvrir de nouveaux clients, envie de prospecter, envie de faire grandir mon entreprise… J’ai des projets plein la tête !

Merci Amélie pour avoir répondu à mes questions !

Influenceurs digitaux et marques : les liaisons dangereuses ?

Tribune de Benoît Bergeaud, directeur de l’agence 1969

Benoît Bergeaud

Avec environ 15 ans d’expérience professionnelle dans la communication digitale et publicitaire, Benoit Bergeaud est  passionné par l’écosystème digital, la créativité et l’innovation. Au fil des années, Benoit Bergeaud a occupé différentes fonctions dans les pôles marketing et communication en allant de l’opérationnel jusqu’à la direction d’agence aujourd’hui avec comme principaux champs d’expertise la direction de stratégie et création, le marketing digital et le management. En 2001, il prend la direction de l’Agence 1969.

La blogosphère, microcosme emblématique de la libre pensée sur Internet, est-elle encore libre et indépendante ? Nombreux sont ceux à en douter. Sur-sollicités par les marques, envahis de cadeaux, accaparés par les évènements et les soirées organisés çà et là, les blogueurs prennent-ils encore le temps de choisir leurs sujets ? En novembre dernier, la bloggeuse Betty Autier confiait au magazine Paulette qu’elle gagnait chaque année entre 300 000 et 500 000 euros par an, soit le salaire d’un banquier d’affaire (cf. article dans le Huffington Post). Une activité devenue si lucrative qu’elle attise naturellement fantasmes et accusations.

Mais qu’en est-il vraiment ? La nature des relations entre annonceurs et blogueurs serait-elle compromettante et hasardeuse ?

La personnalité engageante des blogueurs ainsi que leur talent certain pour la mise en scène et l’écriture leur a permis au fil des années, de gagner la confiance et la sympathie de leurs lecteurs et d’être en somme, reconnus comme « l’un des leurs ». Un travail de longue haleine qui explique aujourd’hui l’incroyable succès de certains d’entre eux. Les blogueurs ont un style, « une patte » diraient certains, ou plus exactement une ligne éditoriale qui leur est propre. Mais parce qu’ils ne sont pas journalistes – et non rémunérés par une rédaction – la production régulière de contenu peut s’avérer délicate et coûteuse. Et c’est sur ce point que blogueurs et marques trouvent un intérêt commun à co-produire du contenu. En invitant les blogueurs aux évènements, aux soirées et aux expériences de marque qu’ils leur proposent, ils fournissent à ces derniers du contenu qualitatif et exclusif qui entre dans leur ligne éditoriale.

« votre marque n’est pas ce que vous en dîtes mais ce que Google en dit  » Chris Anderson, ancien rédacteur en chef de Wired

La contrepartie est très avantageuse pour les marques. Il est en effet judicieux de combiner une stratégie social media, par nature tactique et ponctuelle, avec des publications sponsorisées sur les blogs qui, davantage pérennes, améliorent la visibilité et le référencement des campagnes sur le long terme. Dans une société ou « votre marque n’est pas ce que vous en dîtes mais ce que Google en dit », il est primordial de favoriser durablement la visibilité des campagnes sur les moteurs de recherche.

Par ailleurs, parce que les blogueurs sont très attachés à leur liberté d’expression ainsi qu’à la cohérence de leur ligne éditoriale, ces derniers ne se contentent pas de relayer un message. Ils s’approprient et contextualisent le contenu de marque, lui conférant alors un capital sympathie qu’il est de plus en plus difficile d’acquérir au moyen de la communication traditionnelle. Ainsi quand le blogueur Prince Pelayo, auteur du blog Kate Loves Me fût invité à la soirée de présentation de la dernière campagne Lacoste, ce dernier personnifia les informations à sa manière : « C’est ce que j’aime à propos de Lacoste, un esprit de liberté que cette nuit-là, sous l’égide du message Life is a Beautiful Sport, nous avons tenté de transmettre au reste du monde depuis la ville de Paris » (Parution consacrée à la soirée de lancement de la campagne « Life is a Beautiful Sport » de Lacoste, sur le blog Kate Loves Me). Une manière pour les marques de s’insérer plus efficacement dans le quotidien de ses cibles.

En respectant leur ligne éditoriale, les blogueurs conservent la confiance de leurs lecteurs. Face à l’abondance des propositions qui leur sont faites, ces derniers ont désormais le luxe de pouvoir choisir avec quelles marques ils désirent collaborer, à l’instar de ce que déclarait la bloggeuse la plus influente du monde, Chiara Ferragni : « Je reçois 300 propositions différentes par jour. Cela me permet de choisir mes projets de manière ultra-minutieuse » (Déclaration de Chiara Ferragni, auteure du blog The Blond Salad, pour le magazine Madame Le Figaro). Les blogueurs conservent donc leur liberté dans le choix de leurs sujets. Ils ne sont pas simplement « achetés » par les marques, mais seraient plutôt convaincus par ces dernières de la pertinence du contenu proposé pour leurs lecteurs.

Si ce constat dédouane les blogueurs d’une prétendue allégeance aux annonceurs, il pose en revanche des questions concernant les conditions de la mise en place d’une stratégie d’influence.

Le succès du marketing d’influence ? Ne rien laisser au hasard…

Le succès du marketing d’influence repose donc sur un fait : le blogueur ne doit en aucun cas devenir un canal de communication comme un autre. Seule sa crédibilité et son indépendance sont les garants de l’efficacité des messages qu’il relaie. En conséquence, le marketing d’influence est une stratégie à part, qui nécessite une expertise et une profonde connaissance de la blogosphère.

Seule sa crédibilité et son indépendance sont les garants de l’efficacité des messages qu’un blog relaie.

Il faut en premier lieu savoir différencier les « vrais » influenceurs – ceux qui possèdent une communauté de lecteurs – des « faux », qui achètent de l’audience pour gonfler leur apparente popularité digitale. Miroir illusoire de notoriété, le nombre de followers ou de fans ne permet pas toujours de juger de l’influence d’un compte. Dans un contexte de restriction budgétaire, il est primordial pour les marques d’éviter cet écueil car tout argent investi dans l’un de ces faux comptes est en réalité dilapidé inutilement.

Après avoir dissocié les vrais comptes des faux, la seconde étape consiste à identifier ceux qui sauront servir au mieux les intérêts de la marque auprès des cibles concernées. Il convient alors de ne pas confondre visibilité et influence. Un blogueur qui possède une audience importante est fortement visible et sera lu et vu par un grand nombre d’internautes. Cela ne signifie pas pour autant qu’il sera écouté. L’exposition est un critère important mais non déterminant de l’influence. Un individu ne sera réellement influent que s’il est capable de changer les opinions, de susciter des réactions et des conversations autour d’un sujet. Pour être influent, un blogueur ne doit pas seulement posséder une audience importante mais doit entretenir un rapport de proximité et de confiance avec ses internautes.

Après avoir identifié les influenceurs adaptés à la campagne, il est alors impératif de capter leur attention et sur le long-terme, de construire une relation de confiance. Parce qu’il est impossible d’acheter leur attachement à une marque, il est nécessaire de les impliquer dans la  production de contenu. Il ne s’agit pas de leur offrir des cadeaux ou autres incitations dont ils sont submergés, mais de leur faire vivre des expériences uniques qui les surprennent et les touchent, au point de les convaincre d’écrire une publication à ce sujet. C’est cette stratégie qui fût adoptée par la marque Polo Ralph Lauren en Espagne ; la marque accompagne et finance la tournée de shooting photo de la bloggeuse de mode Sara Escudero (du blog Collage Vintage) dans différentes villes d’Espagne et se voit en contrepartie mentionnée dans de multiples publications de la jeune femme.

Les marques doivent aujourd’hui construire leur relation avec les blogueurs et les envisager comme des partenaires de création de contenu.

Le succès du marketing d’influence n’est plus à prouver… mais encore faut-il savoir l’utiliser de manière efficace sur le long terme. Les marques doivent aujourd’hui construire leur relation avec les blogueurs et les envisager comme des partenaires de création de contenu et non comme de simples relais de communication. L’émergence d’agences spécialisées dans ce domaine est le reflet le plus significatif de ce nouvel enjeu.


Nous lui avons posé deux questions :

  • Dans quel contexte avez-vous créée l’agence 1969 ?

L’Agence 1969 a été créé en 2011. Il s’agissait pour moi de mettre à profit prêt de 10 ans passés en agence de publicité (notamment chez DDB, en tant que Directeur Conseil). Je souhaitais néanmoins changer 2 choses dans la manière de faire :
A/ Le terrain de jeu : s’orienter sur le digital (d’où le nom de 1969, la date de création des réseaux informatique). J’aime le fait d’être sur un socle en perpétuelle évolution, en perpétuel mouvement. Les cartes stratégiques et créatives sont redistribuées régulièrement. Les meilleurs dispositifs créatifs de demain n’existent pas encore… car les supports n’existent pas non plus !
B/ En le faisant au travers d’une aventure entrepreunariale. J’ai toujours eu envie de construire, de vivre ces frissons, de développer une équipe autour d’un projet… Il suffisait juste d’attendre d’être prêt.

  • Quelle est, pour vous, la vraie différence entre blogueurs et journalistes ?

Il y en a 2 à mon sens :
– Leur relation ultra forte avec leur communauté (lors d’un évènement blog que j’organisais pour une marque, j’ai même vu un lecteur de blog amener un gâteau pour remercier sa blogueuse)
– Le fait que les blogueurs ne soient pas payés par une rédaction. A minima; ils doivent avoir les moyens de créer du contenu de qualité, différenciant… (et cela coûte cher). Au mieux, pouvoir se payer de leur activité.

Merci à lui pour sa tribune et ses réponses à mes questions !