[Veille] La stratégie social média de Culturespaces

A la tête des projets web et nouveaux médias chez Culturespaces, Julia Da Costa élabore la stratégie réseaux sociaux de ses douze sites culturels.

Immersion au pays des likes.

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[Veille] Un musée de science… à quoi ça sert ?

La médiation scientifique peut-elle contribuer à la promotion de la paix ? Telle a été la question posée le groupe Traces, en collaboration avec l’association Graines de paix lors d’une journée dédiée au thème de la science médiatrice de paix, en préambule à la Journée mondiale de la science au service de la paix qui se célèbre le 10 novembre.

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Rencontre avec Claire Casedas, muséologue

Aujourd’hui, nous avons posé nos questions à Claire Casedas, muséologue. Rédactrice du blog Musée-Oh depuis 6 ans, elle vient de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat avec sa start-up FUN IN MUSEUM. L’occasion de parler de mise en scène de la culture.

Claire CasedasBonjour Claire, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ? 

 A la suite d’une Licence d’histoire de l’art et d’un master Patrimoine, j’ai commencé presqu’avec évidence à travailler dans des musées d’art dans ma région : le musée des Beaux-Arts de Valenciennes, le Musée Matisse, au LAM de Villeneuve d’Ascq…

J’y ai monté mes premières expos et je garde des souvenirs inoubliables de tête à tête avec les œuvres des plus grands artistes : Duchamp, Man Ray, Arp… Mais pour être sincère, toutes ces expositions « aux œuvres alignées proprement avec un petit cartel à côté » m’ont progressivement ennuyé. Je rêvais déjà de toutes ces muséographies multimédias et ces parcours-spectacle que j’avais étudiés longuement dans mes deux mémoires de Master.

J’ai commencé une thèse en muséologie sur ces sujets. Puis j’ai intégré une agence où je suis devenue muséographe. J’ai enchaîné plus de 50 projets en 5 ans dans un rythme effréné, en mettant en sommeil mes envies de créativité et d’innovations voire parfois ma personnalité. En 2015, j’ai décidé de reprendre ma liberté et de créer ma start up FUN IN MUSEUM, spécialisée en muséographie et scénographie innovantes.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans la création de votre start-up FUN IN MUSEUM ?

 FUN IN MUSEUM est l’addition de tout ce que j’ai appris jusqu’ici. Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de pouvoir créer une structure qui me ressemble où l’innovation et la créativité sont au cœur des projets. J’ai envie de rêver d’un musée plus fou, plus fun et toujours plus accessible, ce qui n’exclut pas qu’il reste qualitatif dans les propos transmis et dans les expériences offertes.

carte postale Fun in Museum

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la « Disneylandisation » des musées leur fait perdre de vue leur but premier de transmission du savoir ?

Je leur dirai qu’ils n’ont rien compris et qu’ils restent bloqués dans un musée élitiste et conservateur, dans une culture avec un grand C qu’ils ne veulent partager qu’entre initiés. Apporter au musée le jeu, le spectacle, la surprise, l’expérience, l’imagination, le rêve, l’émotion, ne retire en rien sa capacité à transmettre quelque chose. Au contraire, c’est en multipliant ces formes attrayantes que le public se connecte avec le musée et apprend plus efficacement. Faire réagir, surprendre, éveiller la curiosité, font partie de la transmission des savoirs. Mais il faut que les expériences offertes ne soient pas dépourvues de sens, qu’elles reposent sur un discours et un scénario de qualité. C’est là qu’un muséographe entre en scène.

Quel est le projet muséographique sur lequel vous avez eu le plus de fun à travailler ? 

J’ai beaucoup apprécié travailler sur un projet sur les orgues, dans mon ancienne agence. L’objectif était de dépoussiérer l’image de cet instrument et de le rendre plus rock’n roll. J’avais imaginé un parcours où le visiteur déambulait dans l’orgue lui-même : dans les tuyaux, le vent, le clavier… La muséographie et la scénographie mixaient dispositifs multimédias et installations artistiques dans un esprit « steampunk ». Le client avait adoré l’esprit déjanté qui collait complètement au thème et au positionnement du musée. Mais le directeur artistique du projet, trop timoré, a préféré rester dans sa zone de confort et a réorienté la scénographie de manière plus « plan plan » et sans tralala. Quel dommage !

Claire, devant le War Museum de Bastogne inauguré au printemps 2014, un projet muséographique de 1600 m² qui l’a occupé pendant un an.

Claire, devant le War Museum de Bastogne inauguré au printemps 2014, un projet muséographique de 1600 m² qui l’a occupé pendant un an.

Grâce à votre blog, Musée-Oh !, vous faites découvrir votre vision du monde muséal à plus de 7000 visiteurs. Quel était votre objectif en créant ce blog ? Qu’est-ce qui vous pousse à continuer à l’entretenir ?

J’ai créé ce blog pendant ma thèse pour partager mes lectures, mes découvertes, mes coups de cœur. Il existait peu de blog sur les musées en 2010. Jamais je n’aurai imaginé un tel succès, en particulier avec la rubrique des musées insolites. Aujourd’hui, je publie moins souvent mais le nombre de fans continue de grandir et le lectorat est toujours aussi enthousiaste. Ce qui me pousse à continuer Musée-Oh!, c’est cet enthousiasme, le goût d’écrire et de partager. Ça m’amuse ! Et puis je vois Musée-Oh! comme la première étape dans mon aventure vers un musée plus fun. Cette vision ne m’a jamais quitté depuis et je la développe aujourd’hui de manière encore plus assumée avec FUN IN MUSEUM, qui en est la continuité.

Merci Claire d’avoir répondu à mes questions !

Rencontre avec Laura Marchand et Vera Duin d’izi.TRAVEL

Lors de la dernière édition SITEM, à la cité de la mode et du design à Paris, j’ai rencontré Laura Marchand et Vera Duin, sur le stand d’izi.TRAVEL. En charge, du business developpement pour la France et la Suisse, elles nous parlent d’application mobile au service des institutions culturelles et de leurs visiteurs.

Web– Pouvez-vous nous présenter izi.TRAVEL ?

Capture d'écran 2016-01-21 22.18.09Comptant plus dun million et demi de téléchargements, izi.TRAVEL est la première plateforme de narration au monde de guides multimédia basés sur la localisation. Accessible gratuitement sur le Web et sur lapplication mobile pour tous les principaux smartphones, izi.TRAVEL offre à ses utilisateurs une expérience immersive, interactive et personnalisée jusquici inégalée. Linterface multimédia permet aux voyageurs de découvrir le monde grâce à des visites multilingues alliant art et culture, émaillées dhistoires locales et dexpériences de voyages. À lheure actuelle, izi.TRAVEL présente plus de 1 800 visites de villes et 700 guides de musées dans plus de 350 sites à travers le monde. Les guides sont fournis directement par les organismes culturels et touristiques ainsi que des spécialistes passionnés souhaitant partager leur savoir-faire et leur inspiration.

chiffres izi.TRAVEL

– A qui s’adresse l’application ?

La plateforme web et l’appli mobile s’adressent pour la création aux professionnels mais aussi à toute personne qui veut créer un audioguide comme les guides-conférencier par exemple. L’application étant gratuite, chaque visiteur peut télécharger les visites extérieures ainsi que les audioguides qui l’intéresse lors de ses voyages partout dans le monde. Il suffit d’une connexion et le tour est joué !

– izi.TRAVEL participait pour la première fois au SITEM cette année. Quels étaient vos objectifs, vos attentes ? Qu’en avez-vous retiré ?

20160114_123923Notre premier objectif était de nous faire connaitre en France. Le deuxième objectif était de trouver des partenaires créateurs d’audioguides. Nous avons réussi ! Nous avons eu de très bons contacts professionnels : des associations de musées, des entreprises qui créent du contenu pour les musées aussi, aussi beaucoup d’étudiants très intéressés par izi.TRAVEL. Ils peuvent également utiliser izi.TRAVEL avec un passcode, qui permet de consulter le contenu sans publier l’audioguide au grand public.

izi.TRAVEL était présent aussi à Museum Connections, à la porte de Versailles et sera présent à CTM également. Nous avons fait notre premier salon lors du 30ème Congrès des offices du tourisme à Dijon en septembre 2015 également.

– Laura, pouvez-vous me dire quels sont les arguments pour convaincre les musées qu’izi.TRAVEL est LA solution pour leurs audioguides ?

museum copyC’est un outil simple pour créer des audioguides ou transférer des audioguides existants rapidement et sans budget. L’interface utilisateur est intuitive et permet à tous de fabriquer un outil de médiation personnalisé. C’est une application de storytelling pour le monde entier qui cherche à faciliter l’expérience touristique du visiteur. Les textes existants pour les visites dans les musées peuvent être réutilisés. Pour l’audio, un simple enregistrement avec un téléphone peut suffire. C’est simple d’utilisation et c’est gratuit !

Avec ses nombreux utilisateurs à travers le monde, izi.TRAVEL est aussi une solution pour attirer plus de visiteurs au niveau mondiale. Géolocalisés grâce à leurs smartphone, izi.TRAVEL montre aux utilisateurs les parcours autour d’eux.

[Plus d’informations sur la création de contenu sur izi.TRAVEL dans cet article sur le blog du Coutelas de Ticeman.]

– Vera, avez-vous des partenariats privilégiés avec des musées ou institutions culturelles ?

coupleOui, plusieurs et ça fait plaisir ! En France, par exemple, nous travaillons avec le Musée des Beaux Arts de Lyon. Ce beau musée a ses propres applications mobiles, mais afin d’avoir une visibilité mondiale et pour stimuler l’utilisation, plusieurs parcours sont disponibles sur l’appli izi.TRAVEL. Avec succès ! A Lyon, Historical.cities.org a transféré leurs 6 visites UNESCO dans 4 langues sur notre plateforme, a travaillé sur le système de gestion du contenu (CMS) et les a publié sur izi.TRAVEL. Entre autre en chinois ! Résultat : ils sont maintenant géolocalisés donc plus faciles à utiliser pour les touristes, et accessible aussi hors-ligne !

A Genève, il y a vraiment le concept de “Smart City”, la ville intelligente. Les musées et les parcours de la ville sont tous sur izi.TRAVEL et en plus, il y a beaucoup d’autres parcours intéressants. La ville de Genève a choisi d’avoir une seule application mobile qui fonctionne aussi bien pour des audioguides dans les musées que pour les parcours en ville. Comme la technologie de izi.TRAVEL fonctionne bien et est gratuite, les ressources peuvent maintenant être allouées à la création des belles histoires, d’un contenu inspirants pour les visiteurs ! Nous pensons que ceci va être la tendance : utiliser une plateforme ouverte et gratuite comme izi.TRAVEL pour la technologie, sans souci et plus durable, et allouer des ressources sur la création d’histoires éducatives, amusantes et intéressantes pour les visiteurs.

N’hésitez pas à télécharger l’application izi.TRAVEL pour windowsphone, android, iOS, les guides sont également disponible à partir d’un ordinateur sur le site izi.TRAVEL.

Pour une première aperçue de l’appli, nous vous conseillons une visite au cœur des grands crus de Bourgogne, écrite par l’UNESCO.

Merci Laura et Vera d’avoir répondu à mes questions !

Rencontre avec Aurélien Guillois, entrepreneur culturel

Aujourd’hui, j’ai posé mes questions à Aurélien Guillois, entrepreneur multifacettes du secteur culturel.

Aurelien_Guillois– Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

Après avoir travaillé dans différents festivals et associations culturelles, j’ai co-fondé et dirigé pendant un peu plus de 5 ans FormART, un bureau de production qui accompagne des petites entreprises artistiques spécialisées dans le spectacle vivant. Attentif aux mutations entrepreneuriales qu’apporte la transformation digitale, j’ai récemment monté La French Team une agence de conseil pour les entrepreneurs, avec une attention particulière aux nouveaux usages numériques. Enfin, parallèlement au développement du site cultureveille.fr, je construis un projet à destination des entrepreneurs des secteurs culturels et créatifs.

– La fibre de l’entreprenariat, elle vous vient d’où ?

Adolescent, je me suis rendu compte qu’il fallait que j’initie mes propres projets si je voulais pouvoir vivre la vie dont j’avais envie. Au Lycée, j’ai très vite été sollicité pour monter une association qui organisait des concerts et soirées de musiques électroniques en Normandie. L’importance de la posture entrepreneuriale ne s’est confirmée à mes yeux que suite à mon entrée dans un incubateur en 2010 pour développer ma première entreprise.

– Quelles sont les compétences essentielles pour créer une entreprise dans le secteur culturel ?

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Cette phrase est issue d’une rencontre professionnelle qui a eu lieu à Dijon cette année. Ce que je retiens de mon expérience, c’est surtout qu’il faut coûte que coûte poursuivre son projet qu’elles que soient les critiques et les “mauvaises” habitudes auxquelles votre secteur d’activité essaye de vous ramener. Le secteur culturel est en pleine mutation mais il est riche d’une multitudes d’acteurs qui tentent de faire preuve d’adaptation, d’innovation. J’ai fait le choix d’accompagner les acteurs qui ont envie de tirer partie des nouvelles technologies et d’aider des talents à émerger dans un secteur complexe.

cultureveille_revue_presse_politique_culturelle– Vous avez ouvert cultureveille.fr depuis presque 10 ans, quels étaient vos objectifs à l’époque ? Et maintenant ?

Le site internet dans sa version actuelle n’existe que depuis cette année, auparavant la revue de presse sur les politiques culturelles était proposée essentiellement à travers un forum et des réseaux sociaux. Il y a un peu plus de 10 ans, quand j’ai commencé cette initiative, j’étais étudiant. Il n’y avait pas d’objectifs autres que de partager par email des articles de presse avec mes camarades de formation. D’année en année, au fil de mes études, stages, et divers emplois, le nombre de destinataires intéressés par le sujet a naturellement augmenté et j’ai décidé de développer cette veille.

Aujourd’hui, ce site accueil environ 80.000 visiteurs chaque mois et permet de recenser tous les articles sur une seule et même plate-forme pour permettre aux lecteurs de faire des recherches dans l’historique et accéder à d’autres articles en lien avec le sujet. Je dois encore intégrer un millier d’articles qui ont été collecté entre 2006 et 2011 pour proposer un meilleur suivi. Mon souhait est aussi de construire une communauté active pour permettre aux étudiants et professionnels d’y publier des tribunes et des conseils afin de rendre l’usage du site plus collaboratif et plus pertinent pour ses lecteurs.

– En quoi la veille peut aider l’entrepreneur ?

Si il veut pouvoir prendre les bonnes décisions, s’adapter et saisir de nouvelles opportunité, l’entrepreneur se doit d’être informé et rester en interaction avec son écosystème.

J’ai parfois reproché à certains de mes collègues de ne pas être assez attentifs aux changements d’usage, aux nouveaux outils, aux nouvelles tendances dans d’autres secteurs d’activité, aux attentes et besoins de leurs partenaires. Qui sont les spectateurs d’aujourd’hui et de demain, comment et pourquoi interagissent-t-ils avec les évènements, les oeuvres, les médias… Quelle place a la culture à leurs yeux ? Il m’apparaît par ailleurs difficile de proposer une réponse professionnelle pertinente si on n’est pas en phase avec son marché. Être en veille, c’est être avant tout attentif au monde qui nous entoure et nous avons la chance aujourd’hui qu’Internet soit un outil formidable pour ça.

Merci Aurélien d’avoir répondu à mes questions !

 

Rencontre avec Nadia Barbé, directrice de publication chez Patrimoinedefrance.fr

Aujourd’hui, nous avons posé nos questions à Nadia Barbé, fondatrice du magazine en ligne Patrimoindefrance.fr. Avec elle nous allons parler de presse en ligne, de patrimoine bien sûr, mais aussi des rapports entre les journalistes et les attachés de presse. Son magazine en ligne a été reconnu « magazine de presse » par le Ministère de la Culture. Un vrai gage de qualité ! Je vous recommande de suivre PatrimoinedeFrance.fr sur ses réseaux sociaux : twitter, Facebook, youtube.

logo PatrimoindeFrance.Fr

– Bonjour Nadia, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

J’ai œuvré principalement dans le domaine radiophonique, pour Radio France, en y exerçant différents métiers : de l’animation, de la production, de la réalisation… A l’occasion des sujets proposés, j’ai pu participer à la demande de publications écrites, à la rédaction d’articles.

– Quels étaient vos objectifs en ouvrant le site patrimoinedefrance.fr ? Avez-vous rencontrer des obstacles ?

Mon dernier reportage pour France Culture date d’août 1989, alors que la piscine Molitor allait fermer. Mon engagement dans la sauvegarde de ce lieu historique m’a tout naturellement orientée vers une nouvelle voie professionnelle.

Le projet initial était de « sauver la Piscine Molitor » même si ensuite, à la demande de lecteurs, j’ai élargi les sujets traités sur le site au patrimoine culturel. Et elle est aujourd’hui ré-ouverte malheureusement pour nous son accès est privatisé et devenu hors de portée !

J’ai crée mon site, épaulée par des collègues spécialisés en informatique, je n’ai pas eu de difficultés majeures grâce à leur aide précieuse.

– Quel est votre plus beau souvenir de reportage dans un lieu patrimonial ?

Question difficile que de répondre à un beau souvenir de reportage ; la découverte d’églises romanes en Auvergne, des jardins dans le Périgord, une grotte mystérieuse à Paris… Tous les jours, je vais de surprise en surprise. La France possède un Patrimoine exceptionnel.

– Quels sont vos rapports avec les attachés de presse ? Avez-vous des conseils à leur donner pour améliorer la collaboration entre journalistes et attachés de presse ?

J’ai la chance d’avoir de bons contacts avec les attachées de presse en général, ce qui n’était pas évident au départ car on ne se connaissait pas mais au fil du temps (et le développement dans le temps du site) et dans un respect professionnel mutuel, les relations sont agréables. Je suis cependant toujours étonnée car les attachées de presse ne vont pas toujours voir le site avant les voyages de presse. C’est quand même important de savoir qui vient ?

J’aurai, juste une remarque, celle de mettre sur le même plan les sites sérieux et d’autres dans « l’air du temps », surtout pour les voyages de presse ; il est difficile et parfois « pénible » d’être considéré à égalité alors que le rendu n’est absolument pas le même. On ne peut pas comparer les gros titres de presse, les sites Internet et les blogs, ce n’est pas le même travail. De plus j’ai été très fière d’être reconnue magazine de presse mais cela ne fait pas toujours la différence dans le traitement avec les agences, c’est fort dommage !

Mon souhait serait aussi que les attachées de presse puissent faire une « revue de presse » suite aux différents communiqués, manifestations que les supports relayent. Ce serait parfait ! A la suite d’un voyage de presse, par exemple, j’aimerai savoir quels sont les articles qui sortent sur le sujet. Cela me permettrait d’avoir une visibilité sur ce que font les collègues. C’est important pour moi car cela me permet d’avoir une bonne visibilité pour le site et également de reconnaître les « faux » journalistes.

Merci Nadia d’avoir accepté de répondre à mes questions.

Rencontre avec Emmanuel Landas, dirigeant d’Atelier Muséographique Cultures & Territoires

Aujourd’hui, nous avons posé nos questions à Emmanuel Landas, il nous parle de son parcours, de muséographie, d’exposition. En 2013, il s’est lancé dans l’aventure de l’entreprenariat culturel pour diversifier son expérience et aborder les questions de la valorisation culturelle et touristique sous un angle différent. Passionnant !

Emmanuel Landas1- Bonjour Emmanuel, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Bonjour,

J’ai une formation initiale de sociologie, suivie à l’université de Grenoble. Très curieux de tous les phénomènes sociaux, j’ai eu la chance de croiser Jean Guibal et l’équipe du Musée Dauphinois de Grenoble, qu’il dirige toujours, dans le cadre de ma formation. Cette rencontre a été décisive et je me suis pris de passion pour ce musée de société qui allie un regard sur l’histoire des Alpes à un regard très contemporain sur l’évolution de ce massif dans toutes ses composantes, aussi bien urbaines que rurales (évolution de la société montagnarde, phénomènes liés à l’industrialisation, migrations…). Au point d’y entrer en 1994 dans le cadre du service national.

Pendant deux ans, j’ai bénéficié de l’expérience et de l’originalité du regard de ceux qui agissaient alors dans le cadre du musée et de la Conservation du Patrimoine de l’Isère. Cela m’a permis par exemple de travailler sur l’exposition internationale « La Différence » qui a itinéré pendant plusieurs années entre Neuchâtel, Québec, Paris et Grenoble.

Ensuite, j’ai en quelque sorte validé mes acquis par un DESS d’ingénierie des métiers de la culture de l’université de Bourgogne, l’ancêtre du Master Pro où j’interviens aujourd’hui.

Après une très intéressante expérience sur un projet de CCSTI de la vigne et du vin à Beaune au sein du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne et un passage au sein du service des publics du Musée du Louvre (Carte Louvre Jeunes et surtout organisation des Nocturnes Jeunes, animées par des étudiants en histoire de l’art et en médiation culturelle), j’ai pris la direction de l’Ardèche : nous étions en 1999, 5 ans après la découverte de la grotte Chauvet et le conseil départemental de l’Ardèche constituait une équipe de maîtrise d’ouvrage pour créer l’espace de restitution de la grotte Chauvet à Vallon-Pont d’Arc.

J’y ai travaillé non seulement sur la définition scientifique et culturelle du projet (pour un musée de France, on dirait « PSC muséofiche MCC« ) mais également, et cela m’a beaucoup servi par la suite, sur la partie maîtrise d’ouvrage à proprement parler : définition, programmation architecturale et fonctionnelle avec le programmiste, concours architectural, APS et APD de maîtrise d’œuvre… Le projet a connu des aléas notamment liés au choix du site d’implantation, mais le travail que nous avons réalisé jusqu’en 2003 a servi car la Caverne du Pont d’Arc aujourd’hui achevée a été réalisée sur les mêmes bases.

J’ai ensuite pris la direction du centre-est :

– l’Ain tout d’abord, où j’ai travaillé sur la valorisation des patrimoines de la Dombes et du Pays de Gex : expositions, vidéos, publications, tout en rédigeant avec l’équipe des Musées des Pays de l’Ain (CD01) le projet scientifique et culturel et le programme muséographique d’un encore hypothétique musée de la Frontière au Fort l’Ecluse, au bord du Rhône, à quelques encablures de Genève.

– la Franche-Comté ensuite où j’ai assuré la responsabilité des collections et des projets muséographiques des Musées des Techniques et Cultures Comtoises, un réseau de musées, de sites d’interprétation et d’entreprises visitables, du Haut Jura à la Haute-Saône et au Territoire de Belfort. J’y ai notamment travaillé à la réalisation de l’écomusée du pays de la Cerise à Fougerolles (Haute-Saône), à la création du musée du Sel et à la valorisation de la Grande Saline de Salins-les-Bains (Jura) : projet architectural et muséographique, reconnaissance à l’UNESCO, création d’un sentier d’interprétation sur le thème du sel entre la Grande Saline et la Saline Royale d’Arc-et-Senans (Doubs) ; à l’accompagnement des professionnels du Comté dans leurs projets de création d’une nouvelle maison du Comté à Poligny.

Ecomusée du Pays de la Cerise à Fougerolles

Présentation permanente de l’Ecomusée du Pays de la Cerise à Fougerolles (Haute-Saône)

2- Vous avez créer votre agence d’ingénierie culturelle, Atelier Muséographique Cultures & Territoires, en 2013. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à monter votre entreprise ?

L’idée trottait en moi depuis l’expérience « Chauvet » : j’appréciais de travailler avec les différents prestataires. Et puis en 2010, suite au départ du conservateur des Musées des Techniques et Cultures Comtoises, j’ai assuré la co-direction opérationnelle du réseau. A cette occasion, un nouveau projet associatif a été mis en place et j’aurais souhaité que l’association soit plus présente dans le champ concurrentiel pour aider les collectivités de Franche-Comté mais aussi des régions limitrophes à avancer dans leurs réflexions et dans leurs actions. Outre les questions que cela posait en terme d’égalité d’accès aux marchés publics (en gros, de manière tout à fait légitime, il ne fallait pas que la partie subventionnée de nos actions serve à notre activité d’ingénierie « commerciale »), le conseil d’administration a souhaité limiter nos actions aux seuls membres du réseau ou aspirant à y rentrer. C’était en soi déjà très gratifiant, mais j’ai continué à travailler cette idée qui est devenue projet au fil des mois.

Et puis à l’occasion d’un départ en Ardèche lié au nouveau projet professionnel de ma compagne, j’ai franchi le pas très rapidement. Créer son entreprise n’est pas très compliqué ni très onéreux dans la prestation de service. Mais il faut avoir un projet bien ficelé, une vision de vos ressources à au moins deux ans (c’est un minimum) et… beaucoup de travail et de patience…

3- Quels type d’entreprises, d’administrations font appel à vos services ? Pourquoi ont-ils besoin d’un prestataire externe pour réaliser leurs projets muséographiques ?

Depuis la création de mon activité, mes commanditaires sont des collectivités et des syndicats ou associations professionnelles : communes, communautés de communes, départements, parc naturels régionaux, associations de vignerons, syndicat des producteurs et affineurs de Comté AOP par exemple.

Je travaille sur un champ un peu plus large que la muséographie à proprement parler : cela concerne également l’interprétation du patrimoine en extérieur, la création de parcours d’art contemporain…

Les raisons de faire appel à un prestataire extérieur sont nombreuses. De nombreux organismes tout d’abord n’ont pas les compétences en interne pour mettre en œuvre certains projets éloignés de leur cœur de métier mais qui font partie de leurs champs d’actions ou des compétences votées. Dans certains cas, notamment en terme de conseil et d’études de définition, un point de vue extérieur est souhaité, pour apporter un éclairage neutre ou simplement pour valider des réflexions menées en interne.

4- En temps que professeur à l’université de Bourgogne, quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui veulent s’engager dans une carrière dans le secteur du patrimoine culturel ?

Tout d’abord, je ne suis pas professeur, c’est important : je me considère comme un professionnel intervenant dans le cadre de la formation, (Il s’agit du Master Pro d’Ingénierie des Métiers de la Culture de l’Université de Bourgogne.), et j’apprécie de pouvoir partager mon expérience avec quelques pistes, quelques astuces qui peuvent éclairer les étudiants dans leur futur parcours.

Travailler dans le domaine du patrimoine culturel n’est pas une chose facile, mais c’est tellement intéressant. Pour ma part, au bout de près de 20 ans je me suis remis en question : j’ai gardé la possibilité de faire ce que j’aime sans être tributaire -ou dépendant- d’une seule organisation, d’une seule collectivité. Cela m’amène aux valeurs : pourquoi fait-on ce métier ? C’est important de se le demander. Cela ne peut pas être un job alimentaire. Pour ma part, j’ai toujours voulu donner du sens à la connaissance, la partager, transmettre l’idée que le patrimoine n’est pas un héritage figé mais qu’il est avant tout une ressource pour progresser, que la médiation doit être une transmission des cultures, des savoir-faire, des techniques, tout en interrogeant nos propres pratiques, nos organisations, nos formes sociales afin de les mettre en perspective : hier, aujourd’hui, pour demain.

Exposition "Laissez-vous comté !"

Exposition « Laissez-vous comté ! » exposition itinérante pour le CIGC (Interprofession Comté AOP)

Le musée, le centre d’interprétation ne doit pas être arc-bouté sur sa collection, son objet d’étude et de valorisation. Il doit être ouvert sur son environnement pour faire passer des messages. En quoi un musée consacré à la céramique gallo-romaine en Aveyron peut nous interroger sur l’industrialisation et la désindustrialisation du monde contemporain ? En quoi une exposition autour d’une collection de ski à Grenoble peut nous éclairer sur l’évolution de la montagne depuis 150 ans ?

L’exposition peut et doit être un objet de délectation, c’est notamment vrai pour les musées d’art. Mais elle doit être avant tout – à mes yeux – l’occasion d’un échange collectif autour d’un certains nombre d’enjeux de société, de la conception à la médiation, y compris dans l’évaluation. Et de nombreux acteurs sont concernés : élus, conservateurs, techniciens, scientifiques et, évidemment, publics.

D’un point de vue pratique, parce que je l’ai souvent constaté, il est important que les futurs professionnels tiennent compte de deux aspects importants :

  • Le premier, c’est de bien comprendre le fonctionnement des organisations dans lesquelles ils vont rentrer. J’ai trop vu de jeunes professionnels incapables même après plusieurs années de pratique, de comprendre comment fonctionnaient leurs communes, leur conseil départemental, quelles étaient les compétences de la collectivité, les dates clés, les partenaires clés à mobiliser pour un projet… Cela s’apprend, mais cela demande une ouverture d’esprit pour s’y intéresser.
  • Le second, c’est de se former à la gestion de projet au-delà des seules questions muséographiques ou patrimoniales : qu’est-ce qu’un maître d’ouvrage, un maître d’œuvre, un AMO ? Comment s’articulent t-ils ? Quels sont les partenaires d’un projet ? Techniques, financier ? Comment s’organise un marché public ? Quelles sont les étapes clés d’un projet architectural ? Toute une série de questions qui donne au professionnel une vision d’ensemble de son environnement et qui peuvent l’aider à trouver les clés du camion pour réussir de beaux projets en les maîtrisant.

Merci beaucoup Emmanuel d’avoir répondu à mes questions ! N’hésitez pas à le suivre sur son comte Twitter @e-landas !