Rencontre avec Claire Casedas, muséologue

Aujourd’hui, nous avons posé nos questions à Claire Casedas, muséologue. Rédactrice du blog Musée-Oh depuis 6 ans, elle vient de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat avec sa start-up FUN IN MUSEUM. L’occasion de parler de mise en scène de la culture.

Claire CasedasBonjour Claire, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ? 

 A la suite d’une Licence d’histoire de l’art et d’un master Patrimoine, j’ai commencé presqu’avec évidence à travailler dans des musées d’art dans ma région : le musée des Beaux-Arts de Valenciennes, le Musée Matisse, au LAM de Villeneuve d’Ascq…

J’y ai monté mes premières expos et je garde des souvenirs inoubliables de tête à tête avec les œuvres des plus grands artistes : Duchamp, Man Ray, Arp… Mais pour être sincère, toutes ces expositions « aux œuvres alignées proprement avec un petit cartel à côté » m’ont progressivement ennuyé. Je rêvais déjà de toutes ces muséographies multimédias et ces parcours-spectacle que j’avais étudiés longuement dans mes deux mémoires de Master.

J’ai commencé une thèse en muséologie sur ces sujets. Puis j’ai intégré une agence où je suis devenue muséographe. J’ai enchaîné plus de 50 projets en 5 ans dans un rythme effréné, en mettant en sommeil mes envies de créativité et d’innovations voire parfois ma personnalité. En 2015, j’ai décidé de reprendre ma liberté et de créer ma start up FUN IN MUSEUM, spécialisée en muséographie et scénographie innovantes.

Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans la création de votre start-up FUN IN MUSEUM ?

 FUN IN MUSEUM est l’addition de tout ce que j’ai appris jusqu’ici. Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est de pouvoir créer une structure qui me ressemble où l’innovation et la créativité sont au cœur des projets. J’ai envie de rêver d’un musée plus fou, plus fun et toujours plus accessible, ce qui n’exclut pas qu’il reste qualitatif dans les propos transmis et dans les expériences offertes.

carte postale Fun in Museum

Que répondez-vous à ceux qui pensent que la « Disneylandisation » des musées leur fait perdre de vue leur but premier de transmission du savoir ?

Je leur dirai qu’ils n’ont rien compris et qu’ils restent bloqués dans un musée élitiste et conservateur, dans une culture avec un grand C qu’ils ne veulent partager qu’entre initiés. Apporter au musée le jeu, le spectacle, la surprise, l’expérience, l’imagination, le rêve, l’émotion, ne retire en rien sa capacité à transmettre quelque chose. Au contraire, c’est en multipliant ces formes attrayantes que le public se connecte avec le musée et apprend plus efficacement. Faire réagir, surprendre, éveiller la curiosité, font partie de la transmission des savoirs. Mais il faut que les expériences offertes ne soient pas dépourvues de sens, qu’elles reposent sur un discours et un scénario de qualité. C’est là qu’un muséographe entre en scène.

Quel est le projet muséographique sur lequel vous avez eu le plus de fun à travailler ? 

J’ai beaucoup apprécié travailler sur un projet sur les orgues, dans mon ancienne agence. L’objectif était de dépoussiérer l’image de cet instrument et de le rendre plus rock’n roll. J’avais imaginé un parcours où le visiteur déambulait dans l’orgue lui-même : dans les tuyaux, le vent, le clavier… La muséographie et la scénographie mixaient dispositifs multimédias et installations artistiques dans un esprit « steampunk ». Le client avait adoré l’esprit déjanté qui collait complètement au thème et au positionnement du musée. Mais le directeur artistique du projet, trop timoré, a préféré rester dans sa zone de confort et a réorienté la scénographie de manière plus « plan plan » et sans tralala. Quel dommage !

Claire, devant le War Museum de Bastogne inauguré au printemps 2014, un projet muséographique de 1600 m² qui l’a occupé pendant un an.

Claire, devant le War Museum de Bastogne inauguré au printemps 2014, un projet muséographique de 1600 m² qui l’a occupé pendant un an.

Grâce à votre blog, Musée-Oh !, vous faites découvrir votre vision du monde muséal à plus de 7000 visiteurs. Quel était votre objectif en créant ce blog ? Qu’est-ce qui vous pousse à continuer à l’entretenir ?

J’ai créé ce blog pendant ma thèse pour partager mes lectures, mes découvertes, mes coups de cœur. Il existait peu de blog sur les musées en 2010. Jamais je n’aurai imaginé un tel succès, en particulier avec la rubrique des musées insolites. Aujourd’hui, je publie moins souvent mais le nombre de fans continue de grandir et le lectorat est toujours aussi enthousiaste. Ce qui me pousse à continuer Musée-Oh!, c’est cet enthousiasme, le goût d’écrire et de partager. Ça m’amuse ! Et puis je vois Musée-Oh! comme la première étape dans mon aventure vers un musée plus fun. Cette vision ne m’a jamais quitté depuis et je la développe aujourd’hui de manière encore plus assumée avec FUN IN MUSEUM, qui en est la continuité.

Merci Claire d’avoir répondu à mes questions !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s