Fiche de lecture : Nathalie Heinich, L’art contemporain exposé aux rejets

Heinich Nathalie. 1997. L’art contemporain exposé aux rejets, études de cas, Chapitre VII, en guise de synthèse : l’art contemporain exposé aux rejets : pour une sociologie des valeurs, pages 191 à 211. Editions Jacqueline Chambon. Nîmes. 213 pages.

             Cet ouvrage est un rassemblement d’article écrit par N. Heinich, qui étudie les réactions des différents publics face à l’art contemporain. Le dernier chapitre, qui fait office de conclusion, explique que le rejet de l’art contemporain se situe à différents niveaux ayant trait soit au goût de chacun, soit au manque de compréhension, soit d’un point de vue éthique, etc… Mais finalement la principale cause de rejet de l’art contemporain est lié aux limites même de l’art. Finalement la question de savoir si c’est de l’art ou non est la plus importante, les réaction de rejet se focalisent essentiellement sur le statut de l’œuvre ou de l’objet, et par extension sur la statut du réalisateur : artiste ou non ? Ainsi la question se porte plus sur qu’est-ce que l’art, qu’est-ce qu’une œuvre d’art, en quoi peut-on considérer que tel ou tel objet est une œuvre d’art ou n’en est pas, et ceci quel que soit le degré de rupture de la création, avec la société ou les normes artistiques déjà établies. Ce type de rejet est finalement lié au statut social des individus et aux valeurs du groupe social auquel ils appartiennent. En effet suivant le degré d’ouverture sur le monde extérieur, d’acceptation de choses nouvelles ou différentes des normes sociales préétablies, les individus, et par extension les groupes sociaux, sont plus ou moins réceptifs à l’art contemporain, dont il faut rappeler que le but est souvent de choquer, de transgresser les normes et les habitudes.

            Cet article est écrit pour l’art contemporain mais pourrait très bien être adapté à la publicité. En effet celle-ci fait aussi l’objet de rejets, parfois violents, que l’on pourrait même dire iconoclastes puisque les actions anti-pub se manifestent directement par des graffitis sur les affiches. En effet les premières publicités, celles du XIXème siècle notamment, sont plus facilement considérées comme des œuvres d’art puisqu’elles rentrent facilement dans nos critères esthétiques (graphisme…). Cependant, aujourd’hui, les affiches publicitaires sont le plus souvent des photographies, et la présence de la publicité dans tous les lieux de la vie, la déconnecte, pour certains, du monde de l’art qui est parfois décrit comme unique et rare mais aussi pérenne, ce qui n’est absolument pas le cas de la publicité. Heinich évoque également l’argument de l’irraisonnable avancé par les détracteurs de l’art contemporain. C’est un argument très fort des détracteurs de la publicité. En effet la publicité est souvent critiquée pour ses effets « abrutissants ». Elle est considérée comme une culture de masse, à laquelle chacun se doit de se conformer pour rester dans la norme. De ce fait elle est aliénante, bloque la création (et notamment la création artistique qu’elle confine à des critères esthétiques et économiques), renforce la société de consommation… Cet article permet de se demander comme la publicité arrive-t-elle à dépasser ces critiques et à être considérée comme un art par certain avec tout ce qui y est associé comme l’exposition dans les musées, ou le rejet.

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