Flûte à bec et enseignement musicale

flûte à bec 2

J’ai pratiqué la flûte à bec en école de musique pendant plus de 10 ans. J’ai choisi cet instrument à 9 ans. Je ne sais pas bien pourquoi, personne n’est musicien dans ma famille, mais j’ai adoré toutes ces années à pratiquer avec un professeur formidable et des amies géniales.

A la rentrée, l’arrêt de la flûte à bec dans l’enseignement secondaire a fait beaucoup parlé. Pourquoi ? Probablement parce que c’était un symbole de l’enseignement musical. Qui n’a pas trimballé dans son cartable une flûte en plastique qui faisait un son horrible ?

J’ai été particulièrement impressionnée par le « scandale » autour de l’arrêt de cet enseignement. Et contrairement à ce que mes amis pensaient, j’approuve totalement !

J’ai eu très peu de cours de flûte à bec en 6ème ; le professeur n’arrivait pas vraiment à faire apprendre les doigtés de cet instrument plus complexe qu’il n’y paraît à une classe de 25 élèves. Les 3 années suivantes, notre enseignante avait pris le parti d’abandonner la flûte à bec pour la remplacer par des métallophones. Avec cet instrument comme base, elle pouvait donc apprendre à ses élèves les bases du solfège : une note sur la partition correspondait à une touche. C’était simple. Elle a donc pu nous apprendre des morceaux plus intéressants que si elle avait dû nous apprendre la flûte à bec, où une note sur la partition correspond à un doigté.

Avec les années, je ne peux que la remercier ! Pour moi, l’apprentissage de la musique ne doit pas être une obligation, une corvée. Cela doit rester un loisir. Ecouter/faire de la musique, c’est un plaisir que chacun doit pouvoir s’offrir. Forcer l’apprentissage d’un art fini toujours par rebuter. Personnellement, j’avais commencé l’apprentissage de la flûte à bec AVANT le collège, et je ne suis pas sûre que je l’aurai fait pour mon plaisir si mon premier contact avec cet instrument, et avec la musique au sens plus large, avait été à l’école. Pendant ses cours, cette enseignante nous faisait jouer de la musique, chanter… Ce n’était pas forcément nos musiques préférées, mais c’était simple, accessible, facile. Et finalement, je pense que c’est tout ce qu’on peut attendre d’un enseignement artistique d’une heure par semaine en classe complète.

Apprendre la flûte à bec, avec un instrument en plastique au son strident, dans une classe bondée, avec 30 autres flûtes à bec qui vous piquent les oreilles : IMPOSSIBLE !

Apprendre le solfège en lisant une partition sans pouvoir la jouer ? Barbant !

Jouer le thème de « We are the champions » au métallophone, taper sur différentes partitions le rythme du Boléro de Ravel, ça c’était fun ! Alors, pour ça je dis : merci Mme Volle.

Alors, je suis assez contente de l’arrêt de l’enseignement de la flûte à bec au collège. Cela ne va pas aider à faire connaître cet instrument que j’apprécie particulièrement, mais cela va au moins arrêter de lui donner cette image si méprisable de « sous-instrument ». Non, le son d’une flûte à bec n’est pas ce bruit aiguë et strident qui sortent des ces tubes en plastiques vendus au supermarché. Non, les flûtistes ne sont pas des musiciens étranges qui font de la musique de vieux.

Un article à lire sur Rue 89 : Les traumatisés de la flûte au collège balancent

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